j’écris avec ce qui me ronge
je rendrai coup pour coup bien des années plus tard
mon corps est une jarre vidée et remplie d’essence, j’écris pour exploser.
j’écris pour chaque petit cadenas installé dans ma tête et dans mes membres.
Je n’écrirai pas de fiction si je ne suis pas libre
j’écris pour me cambrioler.
qu’ils se mordent les doigts.
je me serais tue
une balle dans la tête.
Je ferai ce qu’on m’a interdit,
j’ouvrirai grand l’écluse, je m’éparpillerai
en mille morceaux coupants capables d’arrêter les chars.
mon dieu me tiendra dans ses mains.
puisqu’il m’a faite
parfaite
à son image
j’irai parfaite,
difforme par vos actes
mutilée par vos actes
— des années les mains dans mon cerveau à le trouver impropre —
et je dirai partout que la braise est ardente
Mag Lévêque, dans les coupables innocentes
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